{"id":4404,"date":"2022-12-21T17:17:40","date_gmt":"2022-12-21T16:17:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.veracash.com\/fr\/?p=3861"},"modified":"2023-04-24T09:17:39","modified_gmt":"2023-04-24T07:17:39","slug":"notre-pouvoir-achat-a-t-il-baisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.veracash.com\/fr\/blog\/notre-pouvoir-achat-a-t-il-baisse","title":{"rendered":"Notre pouvoir d\u2019achat a-t-il baiss\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"

[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb159580″]Avec l’inflation galopante qui affecte notre \u00e9conomie depuis maintenant presque une ann\u00e9e compl\u00e8te, les revendications salariales prennent de l’ampleur. Ce qu’on peut ais\u00e9ment comprendre face \u00e0 l’augmentation brutale du co\u00fbt de la vie qui affecte l’ensemble de la population. Premier argument qui est mis en avant : la perte du pouvoir d’achat. Et c’est \u00e9galement la principale justification des nombreuses aides d\u00e9j\u00e0 mises en place par le gouvernement, que ce soit sous forme de \u00ab\u00a0boucliers\u00a0\u00bb tarifaires (pour le carburant ou l’\u00e9lectricit\u00e9 par exemple) ou de primes directement vers\u00e9es aux m\u00e9nages pour les aider \u00e0 boucler leurs fins de mois.[\/vc_column_text][vc_separator sep_color=\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb858668″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb180850″]Mais en dehors du ressenti imm\u00e9diat et de la somme indiqu\u00e9e en bas de nos tickets de caisse qui ne cesse d’augmenter, notre pouvoir d’achat a-t-il r\u00e9ellement baiss\u00e9 ?<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb105403″]La question peut para\u00eetre provocatrice tant il est vrai que la hausse des prix<\/strong> de ces derniers mois est loin d’\u00eatre une simple vue de l’esprit. Mais peut-\u00eatre peut-on \u00e9galement replacer la p\u00e9riode actuelle dans un contexte plus g\u00e9n\u00e9ral, en prenant cette fois en compte l’\u00e9volution du niveau de vie des m\u00e9nages<\/strong>, incluant \u00e0 la fois la progression des revenus et celle des d\u00e9penses, avec un regard attentif dans le r\u00e9troviseur pour voir si, vraiment, comme on le dit si souvent, c’\u00e9tait mieux avant.<\/span>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb297570″]<\/p>\n

Qu’est-ce que le pouvoir d’achat ?<\/span><\/h2>\n

La premi\u00e8re chose \u00e0 faire avant d’essayer de savoir si notre pouvoir d’achat augmente ou pas, c’est de bien comprendre de quoi on parle. La plupart du temps, on associe inflation et baisse du pouvoir d’achat. C’est vrai que les deux concepts peuvent \u00eatre li\u00e9s, mais ce n’est pas syst\u00e9matique. En effet, une inflation qui affecterait aussi bien les revenus que les prix \u00e0 la consommation ne se traduirait pas une baisse du pouvoir d’achat<\/strong>.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb146140″]On pourrait \u00e9galement parler de niveau de vie, ce qui revient plus ou moins \u00e0 \u00e9voquer le montant qu’un m\u00e9nage peut consacrer \u00e0 ses d\u00e9penses du quotidien, des plus basiques aux plus superflues. Pour cela, et parce que tous les m\u00e9nages n’ont pas les m\u00eame besoins ni les m\u00eames moyens, les instituts statistiques comme l’Insee utilisent la notion de d\u00e9ciles, c’est \u00e0 dire une distribution de la population en dix parties d’effectifs \u00e9gaux, ce qui pour les revenus des Fran\u00e7ais consiste \u00e0 r\u00e9partir les m\u00e9nages entre les 10% les plus modestes jusqu’aux 10% les plus fortun\u00e9s. Ainsi, le premier d\u00e9cile repr\u00e9sente le revenu en-dessous duquel se situent les 10% de m\u00e9nages les plus pauvres, et le 9e d\u00e9cile d\u00e9signe le revenu au-dessus duquel on trouve les 10% de m\u00e9nages les plus riches. Cette m\u00e9thode, si elle n’est pas encore parfaite, permet n\u00e9anmoins de nuancer les appr\u00e9ciations grossi\u00e8res d’une moyenne g\u00e9n\u00e9rale qui ne repr\u00e9sente finalement aucun m\u00e9nage dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb174863″]Quant \u00e0 savoir sur quoi s’applique exactement le pouvoir d’achat, il faut bien comprendre qu’il a beaucoup \u00e9volu\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/span>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb806768″]<\/p>\n

L’\u00e9volution du pouvoir d’achat<\/span><\/h2>\n

\u00c9quipement de la maison, confort domestique, mobilit\u00e9, loisirs, nouvelles technologies, il est \u00e9vident que notre niveau de vie a consid\u00e9rablement augment\u00e9 depuis 20, 30 ou 50 ans. Et forc\u00e9ment, cette am\u00e9lioration de notre quotidien s’est accompagn\u00e9e d’une augmentation significative de nos d\u00e9penses courantes<\/strong>. Mais ce serait un peu facile de simplement mettre la hausse du co\u00fbt de la vie sur le seul accroissement de notre qualit\u00e9 de vie. Car d’une part, nos revenus ont progress\u00e9 eux-aussi, nous permettant d’envisager d’acc\u00e9der \u00e0 un mod\u00e8le social qui continue d’\u00e9voluer. Mais aussi et surtout parce que l’essentiel du ressenti de baisse du pouvoir d’achat se porte sur les d\u00e9penses du quotidien, en particulier l’alimentation et les besoins \u00ab\u00a0vitaux\u00a0\u00bb (les soins notamment) auxquels viennent \u00e9ventuellement s’ajouter la culture et les loisirs en tant que d\u00e9penses arbitrables permettant de ne pas uniquement vivre pour travailler.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb104488″]C’est donc sur ces d\u00e9penses du quotidien que la suite de cet article va se concentrer, m\u00eame s’il est vrai que les d\u00e9penses contraintes (fiscalit\u00e9, logement, services publics…) viennent directement impacter notre pouvoir d’achat et seront donc bri\u00e8vement \u00e9voqu\u00e9s en ce sens.<\/span>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb685739″]<\/p>\n

Alimentation, soins, transports, \u00e9nergie, tout augmente !\u00a0<\/span><\/h2>\n

\u00ab\u00a0Tout augmente !\u00a0\u00bb C’est peut-\u00eatre la phrase la plus souvent prononc\u00e9e par les Fran\u00e7ais depuis des d\u00e9cennies, pour ne pas dire des si\u00e8cles, tant il est vrai que l’impression est forte de payer toujours plus cher nos achats du quotidien. Le pain, les \u0153ufs, le lait, la viande, les l\u00e9gumes. Mais aussi les assurances, les loyers, les lunettes, les soins dentaires. Sans oublier l’eau, l’\u00e9lectricit\u00e9, le chauffage, ou encore les transports en commun, l’essence, l’entretien de la voiture. Bref, tout augmente ! C’est un fait, une r\u00e9alit\u00e9.<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb4369″ media_width_percent=\u00a0\u00bb100″ uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb393012″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb468509″]Pour autant, on ne peut s’emp\u00eacher de remarquer que la part de la d\u00e9pense de consommation alimentaire<\/strong> dans le revenu des Fran\u00e7ais est pass\u00e9e de 35% en 1960 (c\u2019\u00e9tait m\u00eame le premier poste de d\u00e9penses des m\u00e9nages) \u00e0 moins de 20% aujourd\u2019hui. De plus, la composition du panier alimentaire des Fran\u00e7ais a elle aussi consid\u00e9rablement chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ainsi, la part des aliments simples et non transform\u00e9s, comme les fruits et l\u00e9gumes ou la baguette de pain classique, ne cesse de chuter depuis les ann\u00e9es 1960, au profit des plats pr\u00e9par\u00e9s, des boissons non alcoolis\u00e9es, des biscuits industriels et des produits sucr\u00e9s qui, quant \u00e0 eux, voient leur consommation exploser.Selon l’Insee, la consommation de plats cuisin\u00e9s s’accro\u00eet de 4,4 % par an et par habitant, accompagnant une tendance assez forte \u00e0 r\u00e9duire le temps de pr\u00e9paration des repas \u00e0 domicile (-25 % entre 1986 et 2010), ce qui profite bien \u00e9videmment \u00e0 des produits faciles d’emploi comme les pizzas, les plats surgel\u00e9s ou les desserts lact\u00e9s. Parmi les l\u00e9gumes, on peut \u00e9voquer la pomme de terre qui semble quasiment la seule \u00e0 encore tirer son \u00e9pingle du jeu, mais pas pour le meilleur : si les produits d\u00e9riv\u00e9s du tubercule progressent bien de 3% par an, la consommation de la bonne vieille patate recule quant \u00e0 elle de 0,8 % chaque ann\u00e9e. Vive les frites surgel\u00e9es !<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb127148″]Reste l’alimentation \u00e0 l’ext\u00e9rieur<\/strong>, au caf\u00e9 ou au restaurant. L\u00e0 encore, l’addition est particuli\u00e8rement sal\u00e9e puisque depuis 1960, les prix augmentent de 5,9 % par an<\/strong> en moyenne, soit davantage que les prix de l’alimentation \u00e0 domicile (+ 4,0 % par an).<\/span>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb154901″]<\/p>\n

Du mieux depuis 2000 ?<\/span><\/h2>\n

N\u00e9anmoins, si on se concentre sur une p\u00e9riode plus r\u00e9cente, \u00e0 savoir depuis 2000 (ce qui permet quand m\u00eame de d\u00e9gager une tendance assez homog\u00e8ne), on note que les prix ont augment\u00e9 beaucoup moins vite que par le pass\u00e9<\/strong> : +1.6 % par an en moyenne avec, il est vrai, une tr\u00e8s nette acc\u00e9l\u00e9ration sur les 12 derniers mois qui ont vu l’indice des prix \u00e0 la consommation exploser de 6.2 % en raison de la pouss\u00e9e inflationniste r\u00e9cente.<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb4370″ media_width_percent=\u00a0\u00bb100″ uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb213065″][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb445613″]<\/p>\n

Qu\u2019en est-il des revenus ?<\/span><\/h2>\n

Si l\u2019inflation s\u2019est effectivement accompagn\u00e9e d\u2019une hausse des prix \u00e0 la consommation, elle a aussi donn\u00e9 lieu \u00e0 une augmentation du revenu des m\u00e9nages. Pour des raisons de grande disparit\u00e9 en mati\u00e8re de r\u00e9partition secondaire et aussi de variation de revenus en fonction des diff\u00e9rentes politiques sociales au fil des ann\u00e9es, la valeur de r\u00e9f\u00e9rence reste encore le salaire (ce qui inclut les revenus d\u2019activit\u00e9s non salari\u00e9es), en partant du principe que celui-ci repr\u00e9sente 75% du revenu moyen des Fran\u00e7ais, le reste \u00e9tant assur\u00e9 par les prestations sociales, les revenus du patrimoine, les pensions et les \u00e9l\u00e9ments de revenu indirect (avantages en nature, tickets restau, etc.), dont il faut ensuite d\u00e9duire les imp\u00f4ts directs correspondant \u00e0 18,5% pour l\u2019ensemble de la population.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb150195″]Encore une fois, on parle ici d\u2019une moyenne, \u00e9tant entendu que certaines personnes ne sont pas salari\u00e9es, que d\u2019autres n\u2019ont pas de ch\u00e8ques d\u00e9jeuner, que d\u2019autres encore ne disposent pas d\u2019avantages en nature, qu\u2019ils ne sont pas imposables ou qu\u2019ils n\u2019ont pas de patrimoine susceptible de leur rapporter quoi que ce soit.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb869718″]On peut donc, comme pour les d\u00e9penses du quotidien, retracer l\u2019\u00e9volution du revenu des Fran\u00e7ais depuis 2000, en s\u2019appuyant sur la progression du salaire moyen, mais aussi du salaire m\u00e9dian (qui partage la population en 2 parts \u00e9gales, avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 50% des salari\u00e9s qui gagnent moins et de l\u2019autre 50% qui gagnent plus), sans oublier le salaire minimum, ou SMIC, qui tend de plus en plus \u00e0 se confondre avec le revenu moyen du 1er d\u00e9cile. Tous ces salaires \u00e9tant, bien entendu, consid\u00e9r\u00e9s en \u00c9quivalent temps Plein (EQTP).<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb170155″]On s\u2019aper\u00e7oit alors que le salaire mensuel m\u00e9dian mesur\u00e9 par l\u2019Insee pour 2022 devrait s’\u00e9tablir aux alentours de <\/span>2050 euros<\/b> net (les chiffres d\u00e9finitifs seront connus et publi\u00e9s dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 2023). Le salaire mensuel moyen, quant \u00e0 lui, est de <\/span>2424 euros<\/b> net tandis que le SMIC s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 <\/span>1329 euros<\/b> net, apr\u00e8s une ann\u00e9e de revalorisations successives particuli\u00e8rement exceptionnelles. Quant au 9<\/span>e<\/span> d\u00e9cile, qui correspond au salaire mensuel net au-del\u00e0 duquel on trouve les 10% de Fran\u00e7ais les plus ais\u00e9s, il se monte \u00e0 <\/span>4033<\/b> euros<\/b>. On peut \u00e9galement noter que le montant moyen des pensions de retraites s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 <\/span>1473 euros net<\/b> par mois. <\/span>(<\/span>source Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA<\/span><\/i>)<\/span><\/p>\n

En 2000, ces diff\u00e9rents revenus repr\u00e9sentaient :\u00a0<\/span><\/p>\n